dimanche 4 janvier 2009
L'imposteur
lundi 17 novembre 2008
Le Parfum
Dimanche à 17 heures, Jeanne s'assit sur le lit. Comme chaque dimanche, elle avait pris sur la coiffeuse le flacon de parfum. Elle le déboucha et inspira en fermant les yeux.
Les odeurs ont le pouvoir de nous renvoyer dans le passé avec une telle justesse.
Ce flacon était le premier cadeau que Georges lui avait fait, l'été où ils s'étaient rencontrés. C'était en 1943, au Havre, sur le port. Georges et Jeanne étaient instantanément tombés amoureux, au premier regard. Le vent avait arraché le chapeau de la jeune fille et Georges avait couru pour le rattraper. Il était soldat, elle était étudiante. Il avait été blessé et rapatrié au Havre pour se refaire une santé, mais il trépignait d'impatience de retourner au front. Non pas que la guerre le passionnât, mais il bouillait d'en finir avec les Allemands.
Jeanne et lui ne s'étaient plus quittés, durant 2 mois. Les plus beaux de leur vie.
Il lui avait offert ce parfum un jour de promenade où, passant devant une parfumerie, Jeanne s'était arrêtée quelques instants. Georges n'avait pas hésité une seconde et avait tiré Jeanne par le bras pour l'entraîner à l'intérieur de la boutique. Ils avaient respiré ensemble les odeurs.
En débouchant un flacon, ils s'étaient regardés et avaient compris que c'était celui-ci. Le parfum de leur amour.
La première image qui revenait immédiatement à l'esprit de Jeanne chaque dimanche en respirant cette odeur était ce regard échangé avec Georges.
mercredi 12 novembre 2008
LE TRESOR DES JOURS DE GRIS
Les fauves entrent en piste sous une salve d’applaudissements. Un tigre à qui il ne reste plus qu’une rayure se met à faire le beau devant son dompteur tandis qu’il agite son fouet. Tout à coup, un lion rugissant s’élance à travers un cerceau enflammé, faisant sursauter les plus jeunes. Le dompteur fait claquer son fouet et mène sa troupe à la baguette. Les animaux se rejoignent en cercle et font la révérence, sous les acclamations du public. Les yeux de Victor brillent lorsque vient le tour du jongleur, qui se tient en équilibre sur le dos d’un éléphant à 3 pattes. Les quilles s’envolent et tournoient sans répit. Elles dansent dans l’air et Victor est médusé, comme toujours. C’est son numéro préféré.
Puis c’est le ballet aérien des trapézistes qui commence… Avec leurs justaucorps jaune passé, elles se balancent, tournicotent et tournicotent, alors que juste en dessous, l’équilibriste avec son ombrelle met un pied sur son fil. Tout le monde retient son souffle. Si elle tombe, c’est la catastrophe ! Victor est effrayé chaque fois, mais elle ne tombe jamais.
Le clown entre en scène pour le rassurer. Son nez rouge est tombé depuis longtemps mais les enfants rient et les adultes oublient leurs soucis. La magie du cirque a opéré une fois de plus.
Victor referme sa boîte à musique et la pose délicatement sur la commode défoncée. Par la fenêtre il voit les toits délabrés au loin et le chemin de fer en bas. Le passage d’un train fait trembler les murs et des miettes de peinture tombent sur le sol et la commode. La boîte vacille. Victor la rattrape et la serre contre son coeur. Son cirque, son trésor des jours de gris.
* Texte extrait d'un projet sur le thème "il reste toujours l'imagination".
dimanche 9 novembre 2008
Dieu avait de l'imagination
Dieu était un père célibataire élevant seul son fils Jésus. Il était débordé, entre son travail d’inventeur d’une part, et les couches et les biberons de l’autre. Mais c’était un père attentionné, généreux et aimant. Son fils passait avant tout. Pour lui il imaginait toutes sortes de jeux, plus inventifs les uns que les autres. Dieu avait de l’or dans les doigts. Il pouvait tout fabriquer et donnait vie à chacune de ses créations.
En grandissant, Jésus se mit à poser des questions sur sa mère. Dieu redoubla d’efforts pour détourner l’attention de son fils et combler ce manque. Il inventa plus d’histoires et plus de jeux. Mais Jésus était triste et en colère. C’était un enfant solitaire et angoissé. Il faisait des cauchemars, ne voulait plus dormir et Dieu était inquiet. Il fallait trouver une solution, inventer une chose tellement passionnante que Jésus ne penserait plus à rien d’autre.
Un lundi, Dieu eut une idée. Il travailla comme un forcené en sus de son labeur habituel, et le soir, il rapporta une grande boîte qu’il tendit à Jésus.
Le lendemain, Jésus vint trouver son père avec sa boîte sous le bras et lui dit :
Dieu partit travailler, et pendant ses pauses café et déjeuner, il s’occupa de la boîte de son fils.
Le mercredi, au réveil, Jésus courut voir son père avec sa boîte sous le bras.
Le lendemain, Jésus se réveilla et courut voir son père.
Vendredi, Jésus dit à son père :
Le lendemain, il courut voir Dieu et lui dit :
Le lendemain, dimanche, Jésus vint trouver Dieu qui se reposait après sa dure semaine.
Plus tard, bien plus tard, alors que tout avait évolué sur
* Texte extrait d'un projet sur le thème "il reste toujours l'imagination"
